Mardi 21 octobre 2008
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Parce qu'elle court après la conjoncture, la politique de l'emploi ne suit aucun cap clair et s'avère aussi fluctuante que les soubresauts économiques. Tant pis pour les chômeurs, ballotés au
rythme des changements d'orientation.
Fin 2007, les contrats aidés (contrats d’avenir, contrats d’accompagnement vers l’emploi, etc.) étaient accusés de tous les maux : coûteux sans apporter de résultats tangibles, trappes à pauvreté,
générateurs « d’effets d’aubaine » par lesquels ces contrats concurrencent les CDI de manière déloyale… les arguments ne manquaient pas pour justifier leur raréfaction.
Selon les plans du gouvernement, le nombre de contrats aidés devaient diminuer de 30% entre 2007 et 2008.
Mais est arrivée la « crise financière » et, avant elle, un fort ralentissement de la croissance, occasionnant une importante remontée du taux de
chômage : le nombre des demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE en catégorie 1 a augmenté de 40 000 sur le seul mois d’août 2008 (soit l’augmentation la plus forte depuis le mois de mars
1993). Et
les contrats aidés ont semblé d’un seul coup beaucoup plus intéressants.
Ainsi, la création du contrat unique d’insertion, prévue pour juillet 2009, va certainement être repoussée. Le gouvernement craint en effet que l’arrivée de cette réforme paralyse le système
existant, et que pas grand monde ne s’engage à créer des contrats aidés en attendant que la réforme s’applique.
Or justement, la ministre de l’Economie et le secrétaire d’Etat à l’Emploi ont prévu d’augmenter le nombre des contrats aidés, au moins temporairement, pour faire face à la remontée en flèche du
chômage. C’est ce qu’on appelle
le traitement comptable du chômage : le chiffres montent, on ajuste dans un sens ; les chiffres baissent, on ajuste dans
l’autre sens. Le problème, c’est que derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes.
Ainsi
Sabrina et Hakima, employées en CAE dans une entreprise d’insertion, ont-elles dû quitter leur emploi en mars
dernier : au bout d’un an en poste, les critères d’admission venant juste d’être changés, elles n’ont pu bénéficier d’un renouvellement de leur agrément.
Et se sont retrouvées au chômage, quasiment du jour au lendemain.
Si le même cas de figure se produisait aujourd’hui, il est très possible que leur agrément serait prolongé. C’est la conséquence d’une politique de l’emploi qui suit la situation économique, sans
identité propre ni démarche volontaire.
Charge aux chômeurs et aux associations d’insertion de s’adapter à ces différentes conjonctures, même si
cela aboutit à changer entièrement de discours à quelques semaines d’intervalle, et à valoriser aujourd’hui un dispositif jeté aux orties hier.